Ma vie parmi les détraqués, vie avec une DTA

Un détraqué est pour moi celui qui va te faire venir dans son monde pour t’en faire prisonnier. La France est un pays de détraqués.
Vivre parmi les détraqués offre deux options, devenir détraqué soi-même ou alors chercher à s’en échapper. Je pense toute ma vie avoir cherché à m’en échapper, à 58 ans de n’y être pas encore arrivé totalement mais, semble-t-il, de toucher but.
Ma vie semblait hasardeuse, difficile dans ces conditions de construire quelque chose. Comme hasardeux, je mettais en avant ce que j’ai qualifié d’« incident d’enfance », femme qui me dénude et me retiens contre elle pour assouvir sa jouissance. Hasardeux aussi le fait d’avoir été terrassé par la grâce un jour de fin 1975, rue du Bourg-la-Croix. Hasardeux aussi le fait d’avoir été en 2013 retenu deux semaines à Manille pour pouvoir enfin alors sortir des Philippines avec ma petite famille.
Et si ces éléments n’étaient pas si hasardeux que cela mais induit par le cadre de ma condition de naissance, cadre hautement dissociatif ? J’ai compris cela après que l’on m’a écrit en réponse :

« Les travaux de Muriel Salmona vous permettront de bien comprendre le mécanisme de la mémoire traumatique et de ses effets sur la vie durant. »

Ces travaux sont relatif à des accidents d’importance comme un viol, mais à mon sens ils s’appliquent très tôt dans notre petite enfance, cela dans des conditions qui semble ordinaires mais qui ont été initialement dénoncées par Alice Miller. C’est aussi ce que laisse entendre Brigitte Oriol :

« Le seul mécanisme de sauvegarde que nous possédons en cas de traitements insupportables, c’est de faire disjoncter notre circuit émotionnel qui provoque une dissociation : de cette façon, on se coupe de nous-mêmes comme si nous étions « spectateur » de ce qui nous arrive au moment des faits, ce qui nous permet aussi de nous soustraire à la douleur que l’on ressent. »

Et de préciser :

« Autant ce mécanisme de sauvegarde nous a sauvé la vie quand nous étions des enfants sous l’emprise de la violence ou des déficiences de nos parents, autant il devient dévastateur si nous ne le désamorçons pas. »

Et bien voilà, en ce qui me concerne, la dissociation traumatique n’a pas été neutralisée. C’est étonnant, c’est DéTonnAnt, c’est une DTA, une Dissociation Traumatique Aggravée, dissociation qui a perdurée dans le temps. J’aurai très bien pu mourir avec si je n’en avais pas pris conscience.
J’ai eu la chance d’avoir deux hasards forts à mon actif : mon incident d’enfance et le fait d’avoir été touché par la grâce, terrassé même par ce qui s’apparente à une NDE. Hasards forts et forts actifs car ayant à chaque fois bien bouleversé ma vie.
Ma déchirure lumineuse de 1975, je l’ai comprise comme une brisure sur un cercle. Ouverture donc, cercle pouvant alors devenir spire. Mieux vaut une tête fêlée qu’une tête étanche. Mieux vaut effectivement une tête vivifiée par la bise de l’inspiration. Autrement dit « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine ». J’ai effectivement beaucoup travaillé sur la structure… Mais j’avais oublié une partie, la partie sombre, la partie oubliée, la partie dissociée.
En chimie, en éprouvette, lorsque l’ATP deviens ADP, il peut y avoir un flux lumineux qui en témoigne (source : mon prof de chimie alors élève-ingénieur, lorsqu’il me conduisait en 2 cv le lundi matin à ses cours qu’il nous donnait alors la journée durant). Et dans ce cas libération d’un élément, élément phosphore. Et bien, c’est cet élément que j’ai oublié dans ma démarche et ce symboliquement d’autant plus que je me suis intéressé à une approche qui l’écartait, celle de Roland Pigeon.
En deçà de la lumière indicible, de cette impérieuse impérience ineffable de 1975 pour moi, un élément sombre, un élément ténébreux, élément oublié, passé sous la table, élément pourtant réalisant mon unité de naissance. Et c’est avec cet élément sombre qu’il faudrait que je me reconnecte, ce que n’encourage pas la religion, cette religion qui dit qu’il faut s’écarter des ténèbres. Et je pense que cette reconnexion avec notre partie sombre va de paire avec le retour de l’éclairage intérieur, éclairage qui nous manquait, ce post même d’en témoigner, les choses s’éclairant pour moi au fil de son écriture.

Dans Transurfing, on exprime cela de cette manière : détachement du balancier et réception alors d’énergie. Pour ma part, à partir du moment où l’on se reconnecte à cette partie occultée mais qui était aussi soi, par la force même des choses, l’effet balancier induit par la division s’efface de lui-même.

Il me semble que cette double rupture dont je fais état s’incarne dans mon corps par deux genoux défectueux dont l’état m’a mis hors le monde du travail (licencié pour inaptitude physique). J’ai accepté cela plutôt que d’insister pour une mise en place de deux prothèses totales, comme mon milieu marqué par DTA. Bien m’en a pris car j’ai alors fait toute la réflexion dont le résultat s’exprime dans ce post.

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Ces ruptures ligamentaires m’ont permis d’échapper à un monde qui voulait contre mon gré me retenir prisonnier (ainsi l’armée pour moi, rupture du genoux gauche). Mais ils faut bien comprendre que ces ruptures tardives ne sont qu’écho à la rupture initiale d’une mère voulant me garder pour toujours sous sa coupe. Et c’est bien coupé que j’ai ainsi dû resté dans son giron, près de ChateauGiron, son domicile.

Il résulte de mes différentes expériences qu’il est nécessaire, étant dans un monde de détraqués, d’aller vers ses détractés qui nous appellent pour nous capturer, car ils possèdent quelque chose qui nous manque, dont on a cruellement besoin. Ce qui fait leur force dont ils veulent profiter.

Ainsi la femme m’ayant, pré-scolaire, pris pour assouvir sa jouissance m’a fait expérimenter une chaleur corporelle dont je manquais cruellement dans un milieu extrêmement marqué par le froid. Ce côté positif, je l’ai reconnu il n’y a que quelques mois, au moment où j’aménageais à nouveau dans mon grenier d’écurie, me chauffant alors uniquement avec du bois que je devais préparer comme si c’était enfin ma propre énergie qui alimentait mon tout premier véritable foyer.

Ainsi une femme de me faire expérimenter la joie d’avoir des enfants et de m’en priver définitivement, cela comme j’ai été longtemps ensuite privé de chaleur corporelle suite à mon incident d’enfance. Mais ce manque existait avant mon incident d’enfance, manque en provenance de la mère.

Tout se passe donc comme « ce qui donne, reprend ». Par notre naissance, la mère de nous donner la liberté, mais de la reprendre ensuite. C’est ainsi que je viens de comprendre le comportement de ma compagne, qui fasse à des enfants fous de leur père que je suis, se met à leur donner des petites tapes, à vouloir les punir, à faire dans l’incompréhension… Il s’agit là d’un mécanisme d’appropriation par la mère, mère vise à punir de façon à dissocier, mécanisme pour conserver les enfants sous sa coupe, mot terriblement exact.

Ce qui va faire balancier à la mère, c’est le père qui doit l’empêcher de punir, père qui doit neutraliser le processus dissociatif, de devoir consoler l’enfant s’il arrive trop tard. Ainsi, il peut y avoir dissociation et correction immédiate de la dissociation. Très bonne expérience donc pour l’enfant car cela le met en mesure de supporter d’autres chocs, chocs qui ne restent pas mals-heurts, mais deviennent bien bons-heurts, bonheur de la reconnexion dans des bras compréhensifs.

Il m’a fallu une seconde expérience de famille pour comprendre cela.

  1.  Avec la première, je m’étais opposé à une mère qui punissait abusivement notre fille Camélia d’alors 3 ans. Surprise, j’ai dû alors faire face à une furie, furie qui ne supportait absolument aucune remarque, ce qui a conduit au divorce et pour moi à la perte totale de ces enfants. Dans sa famille à Marrakech, j’avais été choqué du fait de voir toute une famille, la sienne, s’acharner sur un enfant, personne pour limiter cet acharnement. Elle reproduisait cela, ne supportant aucun obstacle à son acharnement. Les attardés mentaux qui en France nous jugent au nom du Peuple français supportent cet état de fait et m’ont d’ailleurs complètement privé de ces enfants. L’école française reproduit également cela, un maître ou une maîtresse tout puissant en face de l’enfant démuni, école prolongement de famille monoparentale.
  2.  Avec la seconde, la présente, la mère accepte mes oppositions. Elle m’a d’ailleurs raconté que sur son île à Mindanao (Philippines), lorsque la mère punissait, le père faisait contre-poids, et vice-versa. Il y a donc pour moi un net progrès. Et c’est d’ailleurs dans ce cadre que je peux commencer véritablement à me reconstruire, à retrouver mon unité perdue.

Mon rêve est de quitter le France, Titanic de la maltraitance. J’espère pouvoir vivre de plus en plus avec des gens qui ont d’autres visés que de m’approprier, que de vouloir me mettre sous leur coupe.

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