Ces mères qui nous tiennent sous leur coupe

4 février 2016
Allongé avec un enfant endormi sur chaque côté, je m’interrogeais sur ce qui me manquait, sur ce qui faisait que je n’était pas entier. Et de réaliser que si je n’avais pas eu vraiment d’enfance, celle-ci était bien là contre moi, endormie certes, mais bien présente. D’ailleurs quand elle est réveillée, elle s’agite autour de moi et bien souvent j’apparais comme leur piton d’escalade. Que rêver de mieux ? Certes, je ne fait pas là dans le professionnel, mais néanmoins, durant ces temps forts, c’est avec mon enfance perdue que je renoue.
Le fait d’avoir un double handicap des genoux me fatigue énormément et me conduit à me coucher très tôt, ce qui incite les enfants à venir dormir aussi. Ceci explique donc cela, que je me retrouve souvent le soir avec un ou deux enfants à côté de moi. Ce sont eux qui choisissent. Parfois, ils veulent directement leurs petits lits, parfois non.
Mais ma fatigue ne me permettait pas de réaliser ce qui est un bonheur. Ce soir, je me suis endormi bien avant l’heure car ayant dû marcher pourtant qu’un tout petit peu à l’extérieur… Et donc d’être un peu reposé quand les enfants se sont mis au lit et une fois qu’ils étaient endormi, de faire alors le constat que je m’étais reconnecté avec l’enfance que je n’avais pas vraiment eu.
Avoir des enfants fou de moi, ce n’est pas vraiment nouveau. J’ai commencé à connaître cela il y a 20 ans. Mais il y a eu échec et j’ai été totalement déconnecté de ces enfants qui a mon sens manifestent une dissociation traumatique que j’ai mis en relief et dont j’ai alors été accusé d’en être coupable sans que cela soit explicitement dit. C’est l’histoire de l’arbre qui cache la forêt, du bouc émissaire bien pratique que l’on charge de tous les maux, lesquels se sont accumulés au fil du temps, cela par exemple par des mères qui veulent tenir leurs enfants sous leur coupe.
Tenir sous sa coupe ! Quelle expression parlante ! D’être coupé pour être maintenu sous coupe, pas volante celle-ci. Savamment aujourd’hui, l’on va parler de dissociation traumatique (voir ce pdf)
La différence entre aujourd’hui et hier, c’est la différence de comportement entre ces deux compagnes (toutes les deux venant de pays sous-développé à croire que je ne supporte plus une femme avec son ordre à la française, ce qui ferait beaucoup trop écho à l’ordre castrateur de ma propre mère). Elles punissent toutes les deux mais l’une très fort et sans limite (la berbère marocaine pleinement acceptée par l’administration française) tandis que l’autre accepte que je m’oppose à son désir de punition (voir aussi ma remarque sur leurs deux familles respectives dans un précédent post). Et cette différence d’attitude fait toute la différence. Dans un premier cas, l’on était comme dans une famille monoparentale, dans l’autre cas, il y a effectivement deux parents qui jouent leur rôle. Si l’un arrive trop tard, l’enfant quand même de trouver une oreille attentive, de trouver des bras pour le consoler, de trouver quelqu’un à qui se plaindre. Par exemple, avant ses deux ans, j’ai vu mon fils venir vers moi, m’entraîner vers sa mère qui était dans une autre pièce et se donner alors, à mon grand étonnement, une petite tape à son propre visage. J’ai alors compris que sa mère lui avait donné une tape et qu’il fallait que je fasse contrepoids, que je dise à la mère que je n’étais pas du tout d’accord avec ce comportement.
On peut faire l’interprétation suivante : par la tape il y a eu un début de dissociation et par la compréhension, les choses sont rentrés dans l’ordre, la dissociation n’est pas devenue traumatique. En d’autres termes il n’y a pas eu stress, stress compris par l’expérience de la cuisse de grenouille qui a force d’être étirée ne reviens plus à sa position initiale.
Sous la plume de Brigitte Oriol, l’on peut lire :

Alice Miller expliquait ce phénomène par un seul mot : Le Déni.
Nous sommes des êtres programmés pour manifester les meilleurs soins à notre progéniture, de la tendresse, de l’attention, de l’affection et la nature nous a également physiologiquement dotés pour recevoir des traitements positifs.
En revanche, il n’a pas été prévu de système pour surmonter sans dommage les mauvais traitements, ni même un moyen pour les effacer, car tout ce qui nous arrive dans notre vie reste stocké dans nos cellules comme des informations.

D’après mon expérience féminine, je ne serais pas tout à faire d’accord avec cela. La femme qui désire garder sous sa coupe ses enfants fou du père va inconsciemment mettre en place des attitudes qui vont induire la dissociation traumatique (je suppose que là, cela va hurler, voir en fin le PS2 qui l’explicite plus amplement). Au père qui existe alors vraiment pour ses enfants de neutraliser cette attitude.

Ainsi pour les enfants dans un tel milieu double de faire l’apprentissage du bonheur. Il peut y avoir peine, mal-heurt, mais celui-ci d’être neutralisé par des bras compréhensifs. Le procédé pouvant fonctionner dans les deux sens. Un jour papa bien fâché, maman alors qui console. L’essentiel est finalement de trouver de la compréhension, compréhension qui permet de réduire l’écartement créer, qui permet à l’enfant de retrouver son unité pleine et entière.
J’ai pour ma part été un enfant qui n’a trouvé absolument aucune compréhension de l’un ou l’autre de mes parents, d’être d’ailleurs à l’armée mis avec le groupe des pupilles de la nation. En apparence, j’ai donc eu de bon parent. Il me fallait donc aller au-delà de la façade pour comprendre que ce n’était pas vrai, pour faire tomber les masques. Avoir toujours mes parents aide à la prise de conscience. Je vois plus clairement leur comportement avec mes enfants et le chien. Mon père de 86 ans ne réagit plus beaucoup mais est pourtant toujours prêts à punir ; et ma mère souvent en train de dire « mais tu es grand maintenant », mère cherchant donc à effacer le plus rapidement l’enfance. Pas étonnant que, me coupant de moi-même, à 58 ans je vivais encore chez eux, de pouvoir m’en écarter qu’au début de cet hiver, me chauffant moi-même au bois dans ce que j’espère ce qui est devenu un véritable nouveau foyer. De ne plus être asservi à la reproduction des habitudes héritées du passé, de commencer à pouvoir faire mes propres choix… Il en a fallu du temps me concernant, mais mieux vaut tard que jamais. Il n’y a pas d’âge pour recevoir l’électricité, pour enfin être mieux éclairer sur une situation.

PS : Note amusante, l’on est justement en train de rénover le réseau électrique qui nous approvisionne notre hameau et la ferme en électricité, réseau mis en place après ma naissance, en même temps donc que la mise en place de ma dissociation traumatique, réseau qui m’a fait vraiment « chier » à mon retour de Philippines alors que j’exerçais vacher sur la ferme de ma naissance. Durant quelques mois, d’être constamment ennuyé par des problèmes d’alimentation électriques au moment de faire la traite qui se trouvait alors tardivement décalée, devoir même en commencer une à 1 heure du matin. En conséquence de ces problèmes que j’ai subit, la rénovation actuelle du réseau électrique qui nous alimente. Echo extérieur à mon changement intérieur ?

PS2 : en écho à cette parenthèse (je suppose que cela va hurler), un commentaire que je viens de poster sur un post de STOP AUX VIOLENCES FAMILIALES, CONJUGALES ET SEXUELLES, tout premier commentaire qui illustre cette parenthèse :

Qu’elles ne se sauvent pas, qu’elles ne se débattent pas… Cela indique qu’il avait eu mise en place d’une dissociation traumatique bien avant qu’elles ne soient la proie d’un violeur ou assimilé. Ce dernier n’est que l’arbre qui masque la forêt, l’arbre qui est là pour révéler la forêt, celle-ci constituée par de multiple agressions quotidiennes durant la tendre enfance, agressions verbales ou physiques, agressions ayant finalement réalisées la mise en place d’une dissociation traumatique sans que cela ne se voit. Une « belle » et criante agression la révélant alors, bouc émissaire facile.
Moins la tendre enfance aura été abîmée, plus aisée sera la résilience en cas d’agression considérée traumatique, s’ajoutant à des traumatismes existants.
Personnellement j’ai été retenu, préscolaire, par une femme pour assouvir sa jouissance. La mémoire m’en ai revenue brutalement 17 ans après les faits. Comme on l’écrit dans Le garçon invisible : « Il est triste de constater que les hommes victimes et leurs porte-parole risquent gros en s’opposant au statu quo et qu’ils subissent de fortes pressions pour rester tranquilles. N’est-il pas paradoxal que les pressions exercées sur eux ne font que reproduire, à un niveau social, les mêmes modèles de silence, de déni, et de tentative de banalisation qu’ils ont subis aux mains de leurs agresseurs ? »

J’ai donc été bien seul… Mais plus de 50 ans après les faits, je pense enfin avoir trouvé le fin mot de toute cette histoire, sa clé que je viens de livrer dans un post rédigé cette nuit : Ces mères qui nous tiennent sous leur coupe.

Je n’en veux plus du tout à cette femme me retenant car elle m’a finalement permis d’éprouver une chaleur corporelle dont mon milieu, ma mère, me privait. Ainsi, né prématuré en début d’une année froide -l’eau dans les seaux gelait dans la maison-, j’ai été élevé aux biberons froids car ma mère n’avait pas le temps de les chauffer. Accepter d’avoir éprouvé une chaleur corporelle pourtant interdite, cela m’a permis de mettre en route, à 58 ans, mon propre foyer.
Mettre en avant un côté dominateur des femmes qui doit être maîtrisé risque de ne pas du tout plaire. Les femmes qui refusent tout contre pouvoir doivent être absolument évitées. Elles ne peuvent qu’être la source d’une accentuation de la dissociation traumatique et génèrent ces monstres violeurs et autres qu’elles prennent ensuite en pleine poire comme un retour du balancier. Au lieu d’accuser les hommes, la paille dans l’oeil de l’autre, les femmes feraient bien de regarder la poutre qui les aveugle, poutre que je viens de dénoncer, voir mon post déjà cité : https://josickblog.wordpress.com/2016/02/05/ces-meres-qui-nous-tiennent-sous-leur-coupe/

PS3 : Plus personne ne doit accepter d’être mis à la niche, en position de dissociation traumatique prolongé (DTA), même si cela va coûter un divorce et même alors d’être en position d’accusé, de tout perdre (avec l’immense connerie de la pseudo Justice Familiale Française, ce ne peux d’ailleurs être que le cas). Voir cet article : Elle obligeait son mari à manger du pain moisi dans une niche.

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Ces mères qui nous tiennent sous leur coupe

Une réflexion sur “Ces mères qui nous tiennent sous leur coupe

  1. Pas facile de poster des commentaires sur ce blog. En étant l’auteur, j’ai du chercher moi-même avant de trouver comment faire. Je vais donc faire le tout premier commentaire, en faite, mettre en commentaire le tout premier message de félicitation que j’ai reçu par mail :
    « Bonjour Josick
    Je vois que tu ne décroches pas félicitations. Tout ce que tu fais m’éclaire énormément sur mes problèmes.
    Je commence à comprendre ma petite enfance et ce qui m’arrive aujourd’hui. Je remercie pour tout cela.
    Ton copain P »
    Et ma réponse donc : « Merci, ta réponse est gratifiante. Encore une fois, comme après la publication dans le Ouest-France des conclusions du mémoire de fin d’étude, tu es bien le premier à me féliciter.
    Ce n’est vraiment pas facile d’accepter de se pencher sur sa tendre enfance… considérer ceux à qui nous devions alors notre survie, également un peu comme des monstres… En fait des foncièrement dominants étant hors contrôle comme si nos familles étaient monoparentale.
    Bien à toi et merci aussi pour ton mail. Je commençais à m’inquiéter de ne plus avoir de nouvelles de toi. »

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